Le Québec leader en matière de petite enfance
Une étude fait le point sur la petite enfance au Canada.
Le Québec est chef de file. À défaut d'un programme national
d'apprentissage, le fédéral devrait augmenter les transferts de
fonds.
Avec ses garderies à 7 $, le Québec est le leader canadien
des politiques en matière de petite enfance. Une étude intitulée
Le point sur la petite enfance a présenté pour la première
fois, mardi, un index de l'éducation et un comparatif de la
situation entre les différentes provinces.
Cet index évalue la qualité, l'accès, le financement et les
politiques propres à l'éducation de la petite enfance au Canada. Le
Québec se démarque avec une note de 10/15, suivi de près par
l'Île-du-Prince-Édouard, avec 9,5.
En queue de peloton, on retrouve Terre-Neuve et Labrador avec
1,5/15 et l'Alberta avec 3/15. La note de passage est de
7,5 points. Seules trois provinces l'obtiennent.
Les notes des grands pays leaders à l'échelle mondiale, par
exemple le Danemark, sont généralement autour de 14/15. C'est donc
dire que le Québec a encore du chemin à faire, ce qu'ont reconnu
des experts québécois.
« Il y a beaucoup de services au Québec et ils sont très
accessibles. On voit qu'au Québec, ça marche, ça se paye et c'est
possible d'aller plus loin », a affirmé Jean-Marc Chouinard,
de la fondation Lucie et André Chagnon qui a soutenu les travaux de
l'étude.
Comme l'a souligné Lyse Brunet, directrice
générale d'Avenir d'enfants, il pourrait notamment
y avoir une meilleure intégration des services. « Entre les
services sociaux, les CPE, les écoles, les services de santé, la
coordination et la communication ne sont pas encore
optimales. »
L'économiste Pierre Fortin de l'UQAM a ajouté que les services
au Québec pouvaient s'améliorer en quantité, par exemple en
augmentant le nombre de places en garderie. Si le gouvernement
Charest a annoncé la création de 15 000 places
d'ici 2016, M. Fortin croit que 30 000 serait un nombre
plus adéquat. Les services pourraient aussi gagner en qualité,
notamment en investissant dans la formation du personnel de
services de garde.
Par ailleurs, si l'évaluation des politiques des provinces avait
été au cours des trois dernières années, la plupart des provinces
n'auraient obtenu que 3 points, sauf le Québec. C'est donc
dire que les provinces sont de plus en plus sensibles à
l'importance d'investir dans le secteur de la petite enfance.
Les garderies à 7 $ sont rentables
Investir dans l'éducation et la garde des tout-petits est un
investissement pour l'avenir, certes, mais le retour sur
l'investissement est aussi très intéressant. « Le programme
des garderies à coût réduit ne coûte rien aux gouvernements. Mieux
encore, ils font de l'argent avec », a expliqué l'économiste
Pierre Fortin de l'UQAM, associé à l'étude Le point sur la
petite enfance.
Le programme des garderies à 7 $ coûte 1,9 G$ et
rapporte 3G $. En effet, ce programme permet à
70 000 Québécoises de plus d'être sur le marché du
travail et donc de payer des impôts au provincial et au
fédéral.
Cependant, comme il en coûte 1,9 G$ en subvention au
provincial, qui reçoit en impôts 2 G$, le Québec rentre tout
juste dans ses frais. « Le gouvernement pourrait effectuer un
transfert de fonds plus approprié, a proposé M. Fortin. Ou alors
mettre sur pied un programme de
financement national. »
Garderies à 7 $
Pour chaque dollar dépensé, le programme de garderies à 7 $
rapporte 1,49 $ aux gouvernements, soit 1,05 $ au Québec
et 0,44 $ au fédéral.
Auteure de l'article : Annabelle Blais
Source : Métro
Montréal